LA QUÊTE DE LA RÉALITÉ ET LA LUCIDITÉ SONT UNE MÉTAPHYSIQUE DE LA LIBERTÉ ET DEMAIN PEUT-ÊTRE
NOTRE DERNIÈRE UTOPIE

Vivre, ce n’est pas attendre que les orages passent, c’est apprendre à danser sous la pluie. Sénèque

J’ai monté cette petite entreprise en démolition des mythologies passées ou actuelles et autres rêveries inopérantes pour deux raisons :

La première est que ce bric-à-brac dérisoire n’aura pu empêcher ce qui vient qui est déjà là. Quoiqu’il advienne, notre situation en sera si bouleversée que l’architecture sociale patiemment élaborée depuis notre levée en sera grandement déstructurée. Or, rien de nos trouvailles intérieures ne semble avoir été en mesure d’empêcher la venue de ce mur d’eau et de feu par nous construit.

L’autre raison, en lien avec cette épopée à la Sisyphe qui fait notre désespérance, est que je sens monter de façon toute aussi exponentielle, un besoin viscéral de trouver des coupables à cette tragédie et de les châtier. Cet esprit de meute, habituel en temps de crise, n’est pour l’instant qu’une barbarie contenue mais il n’augure rien de bon, les machettes verbales d’aujourd’hui risquant fort de faire les vraies demain lorsque la crise climatique sera bien plus que graphiques et débats.

Dans ces conditions, je considère que s’employer à se débarrasser de ce qui nous encombre pour rien est une écologie du dedans aussi nécessaire que celle du dehors. Il faut le faire sans crainte car il n’y a probablement rien de plus à perdre que nous n’ayons déjà perdu et il ne faut négliger aucune des strates qui nous fondent, du personnel au commun, de nos expériences à la connaissance, de la politique à l’intériorité… Ouvrir l’espace avant qu’il ne se referme.

Déposer les voiles qui n’ont rien empêché me semble notre nouveau devoir d’être, au dedans pour l’ancrage et l’accord, au dehors pour témoigner d’un autre possible et résister à l’attraction des meutes vengeresses, aux simplifications outrancières et aux prédicateurs mortifères, désormais plus laïques que religieux, qui sur terre ou dans notre nuage promettent des espérances factices qui ne feront que rajouter de la souffrance à ce que nous allons devoir endurer. Ce combat climatique a ceci d’unique depuis notre levée qu’il pourrait être sans fin et que, comme le dit Yann Arthus-Bertrand : « l’ennemi est en chacun de nous. »

La quête intérieure me semble toute aussi essentielle que celle qui consiste à rechercher des solutions car elle freine l’obstination à chercher des coupables.

Ce travail de discernement par l’attention au réel et la décantation profonde ne changera probablement pas le cours de l’histoire mais il peut permettre de rencontrer et témoigner d’un autre possible pour un temps sans précédent. Je pense qu’il serait bien que nous soyons quelques-uns à la mener car cette sombre immersion sans fausse espérance peut révéler d’autres lueurs qui ne sont pas très éloignées d’une forme de transcendance adaptée à ce temps sans précédent.

Si l’artificialisation des esprits, aussi alarmante que les progrès de l’Intelligence Artificielle, est comme il me semble, le résultat d’une hypertrophie cérébrale, d’une déconnexion à la réalité et d’une approche hors soi de celle-ci, travailler son discernement devient alors une nécessité absolue quand bien même cette quête ne sera jamais assez globale et rapide pour changer radicalement les choses. Cette mise en ordre par les mots est simplement pour cela.

J’écris à tâtons, en essayant de me tenir au plus près du réel et de l’Histoire en marche afin d’échapper aux pensées simplistes qui ont toujours fait de grandes catastrophes ainsi qu’aux débats trop raisonnants qui le plus souvent ne servent qu’à voiler nos impasses ontologiques et à nous rassurer sur la glorieuse stature que nous nous accordons.

On est tous voyants, il n’est que d’obstination à s’aveugler et pour espérer voir, il faut avant tout travailler à se débarrasser patiemment de l’illusoire qui brouille le regard.

J’écris également pour voir si à partir de cela qui est dévoilé, d’autres possibles se révèlent, avec l’espoir de recevoir en écho des voix qui cherchent aussi une trouée en marge du cheminement commun ou qui, ayant la notoriété et la visibilité nécessaire, prennent le relais pour alerter sur ces encombrements inutiles qui font les haines excessives et qui risquent de n’ajouter que des souffrances à ce demain si incertain.

Tel ces groupes de suricates dont chaque membre scrute sa part de désert pour avoir une vue collective plus large et mieux percevoir d’éventuels dangers, chacun, à la place où il est, peut et doit désormais dire s’il le pressent utile à d’autres.

Je cherche une voie de passage, faite de lucidité, de vitalité, de compréhension profonde et de désencombrement volontaire. Une boussole pour espérer tenir le cap par temps si bouleversé.

Avec hargne vive car une parole directe sans le soporifisme pointilliste habituel me semble nécessaire face au délitement écologique et moral mais aussi bienveillance car je ne cherche qu’à dire sans retenue et sans arrière-pensée ce que je perçois et pressens. Comme on le ferait pour un ami

Ce n’est en rien pour nuire que ce site est anonyme. S’il est ainsi, c’est parce que rien ne justifie qu’il ne le soit pas.

Vous pouvez toutefois laisser un commentaire dans la page de contact.